AFRIQUE SUBSAHARIENNE : REPRISE DES TRANSFERTS DE FONDS DES MIGRANTS À 6,2 % EN 2021

Source : africanbusiness.fr

Selon une récente note de la Banque mondiale, les transferts de fonds des travailleurs migrants vers l’Afrique subsaharienne ont repris de la vigueur en 2021 en progressant de 6,2 % à 45 milliards de dollars, après un plongeon de 14 % en 2020 en raison de la pandémie de la COVID-19.

L’Afrique du Nord a enregistré une accélération des flux de fonds en raison principalement de la forte hausse des transferts des migrants vers l’Égypte (33 milliards de dollars, en hausse de 12,6 %) et vers le Maroc (9,3 milliards de dollars, une progression de 25 %.  Les envois de fonds vers les pays du Maghreb (Algérie, Maroc et Tunisie) ont bondi de 15,2 %.

Pour l’ensemble du continent africain, les transferts de fonds se sont établis à 92 milliards de dollars, en hausse de 10 % par rapport à 2020. Ils représentent 12,2 % du total de 751 milliards de dollars à l’échelle mondiale en 2021.

 Rappelons que les transferts de fonds des travailleurs migrants constituent une source de plus en plus croissante de capitaux et de devises étrangères pour les pays africains. Ils contribuent à atténuer le niveau et la gravité de la pauvreté et favorisent une plus grande accumulation du capital humain. Ils permettent d’avoir accès à l’éducation et aux services de santé, aux technologies de l’information et de la communication ainsi qu’aux services financiers. De plus, ils soutiennent la consommation des ménages et les investissements de petites entreprises.

Pendant la pandémie de la COVID-19, les transferts de fonds des migrants ont largement complété les programmes gouvernementaux de transferts monétaires pour aider les familles souffrant de précarité économique.

Pour l’année 2022, la croissance des transferts de fonds vers les pays de l’Afrique subsaharienne devrait ralentir à un rythme modéré de 5,5 % et s’établir à 48 milliards de dollars, principalement en raison de la modération de la croissance dans les économies avancées. Dans le monde, ils atteindront 774 milliards, soit une hausse de 3,1 %.

Selon la Banque mondiale, les plus grands risques de dégradation des perspectives mondiales de croissance, d’emploi et de transferts de fonds vers les pays en développement proviendraient d’une résurgence des cas de la COVID-19 et d’un retour de restrictions à la mobilité.

Une lente progression en Afrique subsaharienne

Sur une période de 10 ans, l’Afrique subsaharienne a enregistré une croissance totale plus faible des transferts de fonds des migrants à 50 %, comparativement à une hausse de 108 % en Afrique du Nord et à moyenne mondiale de 58,8 %.

L’Égypte, premier destinataire de la région africaine

Les principaux destinataires des transferts de fonds des migrants vers la région africaine en 2021 sont l’Égypte (33,3 milliards de dollars), le Nigéria (17,6 G$), le Maroc (9,3 G$), le Ghana (4,5 G$), le Kenya (3,7 G$) et le Sénégal (2,6 G$) et la Tunisie (2,2 G$).

Mesurés en pourcentage du PIB, les transferts de fonds constituent une part importante de l’économie de plusieurs pays africains, notamment le Soudan du Sud (37,9 % du PIB), la Gambie (33,8 %), la Somalie (32,0 %), le Lesotho (23,5 %), le Cap Vert (15,6 %), les Comores (12,3 %), le Libéria (10 %) et le Sénégal (9,5 %).

Les coûts de transferts de fonds sont plus élevés en Afrique subsaharienne

Selon la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne demeure la région vers laquelle les coûts de transferts sont les plus élevés. Ils atteignent 8 %, comparativement à 4,6 % en Asie du Sud et à une moyenne mondiale de 6,4 %. Ces coûts dépassent de loin la cible de 3 % fixée dans les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.

L’étude révèle par ailleurs que les frais sont souvent plus élevés quand les fonds sont transférés par l’intermédiaire de banques, plutôt que via des canaux numériques ou des opérateurs offrant des services de transfert d’espèces.

Une réduction de coûts des transferts de fonds permettrait aux familles bénéficiaires de recevoir plus d’argent.